5 JUIN : JOURNÉE MONDIALE DE L’ENVIRONNEMENT

5 JUIN : JOURNÉE MONDIALE DE L’ENVIRONNEMENT

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Publié le 8 juin 2017

Avec l’Aéroport du Grand Ouest, la sauvegarde de 250 espèces animales et végétales protégées est enclenchée.

Réserve de biodiversité exceptionnelle, les espaces naturels de Grand-Lieu vont prendre un nouvel essor grâce au transfert de l’aéroport Nantes-Atlantique vers Notre Dame des Landes qui leur assure un avenir durable. L’agglomération nantaise va continuer à bénéficier d’un poumon vert de 7000 ha, gage d’une qualité de vie améliorée.

 

Première zone humide française, Grand-Lieu est la 2ème réserve ornithologique de France après la Camargue. Sa fonction refuge pour les oiseaux migrateurs rend son avenir essentiel au plan européen. Les enjeux environnementaux du site sont complexes et multiples : zones humides, espèces protégées, ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique), réserve naturelle, site classé, espaces boisés classés, loi littoral, site Natura 2000…

 

Réserve-naturelle-du-Lac-de-Grand-Lieu-Région-Pays-de-la-Loire-PB-Fourny

 

 

Un patrimoine naturel exceptionnel menacé

La richesse de la diversité biologique et la qualité de l’environnement de Grand-Lieu sont soulignées dans de nombreux rapports. Le Commissariat Général de l’Environnement et du Développement Durable – CGEDD (mars 2016) qualifie les alentours de Nantes Atlantique de zone remarquable en matière de biodiversité. Les experts du Ministère de l’Environnement précisent que « dans le périmètre de la réserve naturelle de Grand-Lieu, qui ne comprend qu’une partie du lac et des surfaces terrestres peu étendues, on ne relève pas moins de 10 espèces végétales protégées et 240 espèces animales protégées. » Le survol de la réserve régionale et de ses roselières où nichent des hérons cendrés est ainsi problématique. Dès 1975, le directeur de la réserve ne cachait pas son inquiétude devant « une intensification du trafic qui aurait des conséquences néfastes » sur les populations de hérons (Source : Contribution à l’étude écologique du lac de Grand-Lieu – 1975). Or depuis lors, le trafic a été multiplié par 5 (10 000 à 50 000 mouvements) et le nombre de passagers est passé de 200 000 à plus de 5 millions.

 

2017 06 05 Reserve Naturelle Lac de Grandlieu Rgion des Pays de la Loire ÔÇô PB. Fourny 4

 

Le transfert évite les conséquences néfastes de l’étalement de Nantes Atlantique

C’est précisément le développement du trafic aérien qui faisait peser une menace importante sur le patrimoine de biodiversité de la réserve naturelle. Ainsi, pour répondre à la croissance exponentielle du trafic, ce sont 32 ha de sols humides qui auraient dû être acquis pour la construction de zones de dégagements de sécurité en bout de piste selon le même rapport de mars 2016 du CGEDD. Ces zones humides vont heureusement rester à l’état naturel et pouvoir continuer à jouer leur rôle dans l’écosystème régional. La fonction écologique du lac de Grand-Lieu est majeure. Depuis 1995 il est d’ailleurs classé comme une zone humide d’importance internationale par la Convention de Ramsar. Alimenté par l’Ognon à l’Est et la Boulogne au Sud-Est, le lac de Grand-Lieu est une véritable zone tampon qui assure une régulation du débit de la Loire. C’est pourquoi sa superficie en eau varie en fonction des saisons : de 3000 ha l’été et plus de 6000 ha l’hiver. Une grande partie du lac est recouverte d’herbiers flottants. On dénombre pas moins de 220 espèces d’algues et une trentaine de poissons. Le lac est d’ailleurs un milieu très favorable pour l’anguille d’Europe.

 

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Des mesures efficaces pour le nouvel aéroport

L’environnement et la biodiversité ont fait partie des critères majeurs dans le choix du site de l’Aéroport du Grand Ouest. « L’emplacement, situé en dehors de toute zone Natura 2000, abrite des espèces protégées mais qui sont présentes dans beaucoup d’autres endroits en France. Ces espèces seront déplacées avant les travaux qui ne porteront donc pas atteintes à leur survie » soulignait la Commission européenne dans son avis favorable au transfert rendu le 17 septembre 2013. La biodiversité du site du nouvel aéroport ne peut être qualifiée d’exceptionnelle ou de patrimoniale indique également le CGEDD. Elle ne justifie pas non plus un zonage réglementaire de protection, ce qui en fait un site adapté aux besoins.

 

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Un poumon vert pour l’agglomération

Les bénéfices environnementaux liés à l’Aéroport du Grand Ouest sont multiples. Le transfert va libérer la biodiversité de Grand-Lieu et faciliter ainsi la préservation des 250 espèces animales et végétales protégées répertoriées sur le site. Au-delà de ces enjeux naturalistes, c’est aussi une avancée pour la qualité de vie des habitants de l’agglomération nantaise, qui pourront durablement profiter d’un poumon vert représentant près de la moitié de la superficie de Nantes. L’impact économique devrait également être important avec cette zone naturelle remarquable qui permettra de diversifier l’offre touristique régionale et de répondre aux attentes de l’éco-tourisme qui connaît actuellement un essor important. La « loi littoral » continuera à s’appliquer sur cette zone pour la préserver de toute urbanisation galopante.

 2017 06 05 Lac de Grand Lieu Rgion des Pays de la Loire ÔÇô PB. Fourny 2

 

« Comme le montrent toutes les réflexions, en particulier celles engagées dès 2002 dans le débat public, le transfert est indispensable au plan environnemental. L’Aéroport du Grand Ouest garantit la préservation de la biodiversité remarquable du lac de Grand-Lieu et la diminution des nuisances sonores. Aujourd’hui, 42 000 personnes sont directement impactées par le survol des avions. Le transfert évite que demain cette nuisance en concerne deux fois plus. L’aéroport Nantes Atlantique est en effet l’un des seuls d’Europe à avoir une piste dans l’alignement du centre-ville » rappelle Johanna Rolland, Maire de Nantes et Vice-Présidente du SMA – Syndicat Mixte Aéroportuaire du Grand Ouest.

 

Droit de réponse 

Dans votre article paru dans la Newsletter du Syndicat Mixte Aéroportuaire sous le titre « Journée mondiale de l’environnement », vous affirmez qu’avec l’Aéroport du Grand Ouest, la sauvegarde de 250 espèces animales et végétales protégées du lac de Grand-Lieu est enclenchée. Il s’agit d’une contre-vérité flagrante à laquelle vous associez mon nom en citant une  simple interrogation faite en 1975 sur l’impact des avions sur l’avifaune du lac, hypothèse que rien n’est venu ensuite confirmer. En tant que spécialiste scientifique de ce lac et ornithologue professionnel, mais aussi directeur de la Réserve Naturelle Nationale du Lac de Grand-Lieu pendant 23 ans depuis sa création, je n’ai jamais constaté la moindre gêne des oiseaux de ce lac due aux avions commerciaux utilisant l’aéroport actuel de Nantes Atlantique, à l’exception de vols exceptionnels du Concorde, et aucune étude scientifique ne démontre le contraire malgré l’augmentation importante du trafic aérien. Les vols commerciaux qui empruntent le couloir aérien de Grand-Lieu ne le survolent que sur sa rive orientale, éloignée des principales colonies d’oiseaux situées sur la rive occidentale, et le font de toutes façons à une hauteur qui ne gêne pas les oiseaux, même sur la réserve régionale. La Commission du Dialogue sur NDDL nommée par le premier ministre Jean Marc Ayrault avait repris à son compte ce constat. Le fait d’affirmer comme vous le faites que le déplacement de l’aéroport « va libérer la biodiversité » est totalement absurde.

Par contre, comme je l’ai écrit au premier ministre Manuel Valls, l’abandon de Nantes Atlantique constitue une menace bien réelle pour le lac de Grand-Lieu, dans la mesure où ses périmètres de protection (Réserve Naturelle, Site classé, Natura 2000, Loi littoral) ont été définis au plus juste près du lac, en tenant compte de la protection de fait assurée par le périmètre de protection anti-bruit de l’aéroport, qui gèle depuis des décennies près de 900 ha de terrains contre l’urbanisation. Ce couloir s’étend des rives du lac (St-Aignan de Grand-Lieu) à la Loire, et constitue un corridor écologique important pour la biodiversité, notamment avec le domaine du Château de Bougon, interdit au public et véritable réserve naturelle de fait.

Comme l’ont reconnu les experts du ministère de l’environnement que vous citez, le déplacement de l’aéroport mettrait fin à cette protection indirecte mais bien réelle, et des élus locaux n’attendent d’ailleurs que cette issue pour pouvoir urbaniser tout ou partie de ce corridor. Outre la pollution provenant du bassin versant et un niveau d’eau maintenu artificiellement trop bas, la véritable menace qui pèse sur ce lac est en effet le dérangement humain, que votre article souhaite développer encore d’avantage avec le tourisme, certains élus prétendant même en faire une alternative à l’offre de la côte, sans tenir compte de la Loi littoral ni du Site classé.

Le déménagement de l’aéroport actuel représenterait par conséquent une double peine pour l’environnement, celle d’une augmentation de la pression humaine sur ce lac contraire à sa biodiversité (ce n’est pas pour rien que le parfumeur Guerlain avait exigé dans sa donation des terrains de la Réserve Naturelle Nationale qu’elle soit interdite au public), et celle d’une destruction d’une autre zone humide dont le patrimoine certes différent est également majeur, NDDL, dont les inventaires complémentaires à ceux sous-estimés de l’Etat ont montré tout l’intérêt tant régional que national. Car contrairement à Grand-Lieu, où la piste n’affecte pas de zones humides (ni son allongement éventuel de 100 m vers le sud), le projet de NDDL se fera directement sur la zone humide qu’il détruira.

Loïc MARION

Membre du Conseil National de Protection de la Nature et de la

Commission Supérieure des Sites, Perspectives et Paysages

 

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